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quelle type de société etait celle de nos grnads parents

quelle type de société etait celle de nos grnads parents La France est-elle le seul endroit où les petits-enfants donnent à leurs grands-parents un rôle aussi important ? Il semble que ce soit un phénomène qui se fait sentir dans toute l’Europe moderne. Peut-on dire que les grands-parents jouent un rôle important dans toutes les cultures, modernes et anciennes ? Dans les cultures paysannes dont est issue la société française, la figure des grands-parents n’était pas automatiquement présente. Le don, l’adoption et le placement familial articulent la parenté par le sang avec la parenté par le social, de sorte que le rôle des grands-parents dans ce système doit être repensé si nous voulons voyager sur d’autres continents. En raison de l’accent mis sur le biologique, le système européen se distingue dans l’univers culturel.


En raison du manque d’informations, nous ne pouvons pas faire de comparaison directe entre l’Europe et les résultats de notre enquête en termes individuels; contrairement à la France, la sociologie en Europe n’a pas montré beaucoup d’intérêt pour ce sujet. Quelques études, cependant, nous permettent de généraliser sur les grands-parents dans le monde occidental.
À l’aide d’un échantillon d’Allemands âgés de 40 à 85 ans, nous avons pu démontrer les effets frappants de la différence des indicateurs démographiques entre l’Est et l’Ouest sur les taux de grands-parents et d’arrière-grands-parents. Ainsi, l’Est (où la fécondité est plus élevée depuis les années 1970) a un taux de grands-parents avant 70 ans près de 25% plus élevé, et l’Est a également un taux de grands-parents âgés de 88% entre 70 et 85 ans, tandis que l’Ouest n’a qu’un taux de 72%.
La réédition par Claudine Attias-Donfut et Martine Segalen de leurs recherches sur les grands-parents apporte un éclairage nouveau sur un sujet relativement peu étudié. Douze millions et demi de Français sont grands-parents, et deux millions sont même arrière-grands-parents, selon une enquête de l’Ined de 1999, mais il existe étonnamment peu d’études sur ce sujet. À l’âge de 56 ans, la moitié des grands-parents ont au moins un petit-enfant.
De plus, il apparaît que l’investissement des grands-parents dans les petits-enfants est une constante que les comparaisons européennes ne réfutent pas. Le fait que de nombreuses grands-mères travaillent encore et que la France dispose d’un système de garde collective développé n’enlève rien à la forte implication des grands-parents français qui, au contraire, apportent leur aide pratique et matérielle régulière, même s’ils ne s’impliquent pas toujours dans les soins quotidiens.
De nos jours, les personnes âgées sont plus visibles que jamais dans la société. La période des grands-parents est maintenant généralement plus longue parce que les gens vivent plus longtemps qu’au tournant du XXe siècle. Comme les gens vivent plus longtemps, il y a moins d’écart de temps entre eux et les jeunes générations. En conséquence, une figure modernisée des grands-parents émerge, renforçant les liens entre les générations. Lorsqu’on parle de grands-parents, il est impossible d’éviter de discuter de sujets aussi importants que le rôle des femmes sur le marché du travail, les options de garde d’enfants, l’importance des filets de sécurité sociale et la réorganisation des familles nucléaires.
Les auteurs utiliseront les données recueillies à partir d’une enquête menée auprès de 2000 familles de trois générations pour examiner la communication intergénérationnelle, les formes de soutien mutuel et la préservation de l’histoire familiale. La génération « pivot » est composée de répondants âgés de 49 à 53 ans; les parents sont âgés de 68 à 92 ans; et les enfants sont âgés de 19 à 32 ans. Pour compléter les apports de la sociologie, il faut aussi explorer la littérature et l’anthropologie.
Le livre se compose de sept sections, plus une annexe complète avec les chiffres de l’enquête quantitative organisés par sujet.
Pour la première fois, les grands-parents :
Les auteurs, s’appuyant notamment sur les recherches de Philippe Aris, comparent le développement de l’enfance à celui de la vieillesse, notant que l’Occident est unique dans son acceptation de la perte, du déclin et de la relégation dans le contexte de la vieillesse, alors que dans la plupart des cultures, le vieillissement est compris en termes d’accumulation de connaissances et d’actifs. L’esthétique occidentale a longtemps été influencée par la tradition gréco-romaine de louange à la jeunesse, à la beauté et à l’excellence en athlétisme. En outre, comme le souligne Jack Goody, les enseignements originaux du christianisme sur la désobéissance aux parents afin de suivre la parole du Christ ont contribué à l’aplatissement progressif des différences d’âge. En fin de compte, l’importance du grand-parent peut être secondaire par rapport à celle du petit-enfant, l’éducateur privilégié.

L’histoire n’a pas accordé beaucoup d’attention aux grands-parents, et jusqu’aux années 1990, seuls deux domaines d’étude se sont concentrés sur eux: la gérontologie, qui cherchait à analyser les liens entre grands-parents et petits-enfants dans le contexte d’études sur la sociabilité des personnes âgées, et la mythologie, qui examinait la façon dont les grands-parents sont représentés dans les histoires et la littérature populaire américaine. Les points forts de cette étude résident dans sa démonstration de la valeur des liens intergénérationnels et sa réfutation de la théorie parsonienne alors dominante de la famille nucléaire. Mais l’attribution simpliste de la vieillesse aux grands-parents n’a pas été nuancée par ces études.

L’une des premières tentatives de compréhension sociologique du rôle des grands-parents dans la vie de leurs petits-enfants a été une tentative de catégoriser les actions des grands-parents en fonction du temps et de l’argent qu’ils étaient prêts à consacrer à l’entretien de leurs petits-enfants. Le travail fondateur dans ce domaine a été mené par Bernice Neugarten et Karol Weinstein [3], qui ont interrogé des personnes âgées de 55 à 75 ans et ont proposé cinq styles distincts de grands-parents:
Les réservoirs de sagesse des grands-parents (réservoirs de sagesse familiale) sont désireux de transmettre leurs valeurs et d’offrir des modèles de comportement à leurs petits-enfants; les grands-parents formels (formels) manifestent un intérêt constant pour les petits-enfants, tout en établissant un lien conventionnel avec eux sans interférer avec le rôle parental; les grands-parents éloignés (personnages éloignés) montrent peu d’intérêt pour leurs petits-enfants et n’ont qu’occasionnellement des contacts avec eux, au moment de Noël ou à l’occasion des anniversaires; Les enfants et leurs grands-parents tirent beaucoup de joie de passer du temps avec leurs grands-parents; – Enfin, les grands-parents parents de substitution (mères porteuses), qui remplacent les parents, sont le plus souvent les grands-mères.


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