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qui sont les parents d alban gilbert


qui sont les parents d alban gilbert Le modèle familial traditionnel, dominant au milieu du siècle dernier et basé sur le fait que la mère reste à la maison et que le père gagne de l’argent, est maintenant un fait minoritaire en raison de l’augmentation de la participation des femmes à la population active. Ce glissement s’est accompagné de nombreux discours sur l’émergence de « nouveaux pères », investis dans leurs enfants, que les recherches sur le genre ont régulièrement déconstruits : les pères continuent de jouer un rôle très secondaire dans la prise en charge des enfants et le travail domestique [Brugeilles et Sebille, 2013]. L’afflux massif de femmes sur le marché du travail n’a pas entraîné une égalité accrue au foyer, ce qui a entravé la révolution [Hochschild et Machung, 1989]. Bien que l’inégalité entre les sexes ait diminué, elle reste profonde, les femmes se taillant la part du lion des responsabilités domestiques et parentales [Brousse, 2015 ; Champagne, Pailh, & Solaz, 2015] et l’essentiel de la charge cognitive [Haicault, 1984]. Tant la structure du marché du travail que la poursuite du modèle patriarcal de la famille, dans lequel la carrière des femmes est encore considérée comme un facteur d’ajustement, contribuent à perpétuer ces inégalités.
À la naissance des enfants, la division genrée des tâches ménagères est gravée dans le marbre [Rgnier-Loilier et Hiron, 2010]. Cependant, au cours des dernières décennies, l’environnement social dans lequel la parentalité peut être actualisée a subi des changements assez importants. Les productions culturelles et un nombre croissant de mécanismes d’action publique ont contribué à mettre davantage l’accent sur le bien-être des enfants et le rôle parental [Neyrand, 2011; Lee et coll., 2014]. Cela s’est accompagné d’une augmentation correspondante des exhortations à être de bons parents [Le Pape, 2012 ; Martin, 2014]. Bien que ces mandats aient un effet disproportionné sur les femmes [Gojard, 2010; Garcia, 2011; Landour, 2019], elles ciblent également les hommes; par exemple, l’idéal moderne du « bon » père qui s’occupe de ses enfants et se préoccupe d’eux s’est répandu en partie à cause de l’augmentation de l’implication des hommes dans la parentalité observée depuis les années 1980 [Brousse, 2015]. Non seulement la paternité a changé, mais les attentes envers les hommes aussi. Soutenue par des valeurs égalitaires et l’exclusion des formes inférieures de masculinité – celles des classes ouvrières et des minorités racialisées – la masculinité hégémonique est devenue la réponse socialement acceptable à un ordre inégal des sexes [Connell, 1998; Rivoal, Bretin et Vuattoux 2019]. Bien qu’il existe une « éthique égalitaire qui tend à guider la conjugalité », une représentation différenciée et hiérarchique des sexes existe toujours [Clair, 2011].
Par conséquent, les temps modernes se distinguent non seulement par un large éventail de normes familiales [Dchaux, 2009] et parentales [Buisson, Le Pape & Virot, 2019], mais aussi par un large éventail de dispositions de genre incorporées par les individus [Lahire, 2001; Bertrand et coll., 2015]. La division sexuée du travail et la répartition du travail domestique peuvent être influencées par les nouvelles marges de jeu introduites par cette diversité de normes et de dispositions. Plusieurs études montrent que cela varie en fonction des contraintes professionnelles et de la classe sociale [Galtier, 2011 ; Bush, 2015].

Cet article cherche à éclairer les conditions sociales de la participation des pères au travail domestique et parental au-delà de la portée de ces enquêtes statistiques. Dans ce cas, ce dernier fait référence aux pratiques de socialisation et de transmission, ainsi qu’aux activités de production et d’approvisionnement, qui ont lieu au sein du foyer au nom des enfants. Trente couples hétérosexuels, dont des parents de jeunes enfants et des concubins, ont été interrogés dans le cadre de cette étude. Les deux partenaires ont été interrogés individuellement. (Pour plus de précisions, voir l’encadré ci-dessous). Cette méthode fournit un moyen d’étudier l’adoption et la mise en œuvre des normes parentales susmentionnées, de comprendre la dynamique de la division du travail entre les sexes à la maison et de mieux comprendre les facteurs qui sont si souvent négligés dans les enquêtes statistiques, tels que le travail mental, les négociations conjugales, le développement des conditions de vie, les émotions et « l’économie de la gratitude » entre les époux [Hochschild et Machu]. L’objectif de l’enquête est de rétablir la logique d’une répartition plus équitable du travail domestique et du travail parental en comparant des couples ayant des appartenances sociales et territoriales différentes.


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