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Un Peuple Et Son Roi Avis

Un Peuple Et Son Roi Avis; Lorsque vous utilisez un moteur de recherche, il peut être amusant d’associer n’importe quel produit ou événement au mot “révolution”. Par exemple, les aliments surgelés, les migraines, les revêtements de sol et les mariages royaux font tous l’affaire. Il va être évident que ce concept s’est transformé en un nombre infini d’altérations superficielles et d’avancées dérisoires. Dans le même temps, l’idée que les humains pourraient affecter consciemment le cours des événements du monde devient de plus en plus difficile à comprendre.

Un Peuple Et Son Roi Avis
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Jetez un oeil à cette conversation qui a eu lieu entre

Pierre Schoeller et l’historien Patrick Garcia : Contenu exclusif pour nos abonnés à la newsletter. “On arrive à s’éloigner de l’image d’Epinal dans ‘Un peuple et son roi'”.

L’ambition de Pierre Schoeller est sans doute la plus haute et la plus folle que le cinéma français ait connue ces dernières années. Il veut redonner vie et sens à la révolution, mettre en scène la mort d’un monde et la naissance de l’autre, ce qui s’est passé en France entre le 9 avril 1789, jeudi saint, un mois avant la réunion des États généraux, et janvier 21 décembre 1793, date de l’exécution de Louis XVI – le jour où le roi lave pour la dernière fois les pieds des enfants pauvres

Le réalisateur du film de 2011 L’Exercice de l’Etat concentre les images, les discours, les personnages et les conflits avec une acuité intellectuelle et une énergie qui triomphe de tout, y compris de la maladresse de certains retournements de situation. Ceci est accompli en seulement deux heures, ce qui est très peu de temps. Un peuple et son roi précipitent les éléments de la France de 1789 dans le creuset de la révolution et analysent le nouvel alliage qui s’en dégage. Le roman voyage des mansardes du faubourg Saint-Antoine à Versailles, des Tuileries sanglantes à la salle du Manège de l’Assemblée nationale.

De la même manière que le film de Schoeller est un spectacle guidé par le souci de rester fidèle à ses sources, c’est aussi un essai qui se consacre à éveiller la réflexion sur le concept de révolution, sur son actualité. Resteront l’image de ce cheval se promenant sans but dans la cour des Tuileries au lendemain de l’attaque des Suisses par le grand public et le désir de poursuivre, par la lecture ou le débat, la conversation stimulée à l’écran.

Après que le grand souverain de gauche (Laurent Lafitte) ait lavé les pieds des enfants pauvres, rite qui rappelle plus la nature divine du monarque que la charité de la maison de Bourbon, l’histoire se déplace vers l’atelier de l’Oncle (Olivier Gourmet ), un maître verrier, qui se trouve à l’ombre des tours de la Bastille. Après que le grand et gauche souverain ait lavé les pieds des enfants, l’histoire se déplace vers l’atelier de l’oncle (Oliv L’artisan n’est pas sûr de l’ampleur de ce qui vient d’être accompli après la prise récente de la forteresse.

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Sa compagne Solange, interprétée par Noémie Lvovsky, ainsi que les autres femmes du bâtiment, Adèle Haenel, Céline Sallette et Iza Higelin, sont toutes réunies autour de lui. Les personnages historiques moins connus Lazowski (Andrzej Chyra) et Pauline Léon (Julia Artamonov) font également une apparition. Ce sont les figures révolutionnaires qui poussent le feu des discussions devant le four du verrier.

Tout au long de cette première section

Schoeller se livre à un jeu avec le feu et la lumière. La plasticité de la pâte de verre se transforme en celle d’une éruption solaire, la pénombre qui règne dans le faubourg est frappée par la lumière lorsque la destruction de la Bastille laisse enfin passer le soleil, et la pâte de verre prend l’aspect d’un éruption solaire. Les effusions chantées, les rimes satiriques ou les refrains vengeurs offrent un contrepoint sonore à ces lumières passées de l’état d’idées à celui de réalité.

Une ellipse mène à l’année 1791, qui est connue comme « le temps des trahisons ». C’est l’année où le roi abdique de son trône et s’enfuit à Varennes, et l’année où le gouvernement constitutionnel ouvre le feu sur des manifestants au Champ-de-Mars. Un peuple et son roi trouveront alors leur rythme, qui est une accélération perpétuelle faite de déboires et d’avancées inattendues qui entraînent les acteurs de l’histoire bien plus loin que la plupart d’entre eux ne l’avaient prévu. Des gens du faubourg Saint-Antoine qui conversaient dans l’atelier du verrier interviennent à la fois à la Convention et à l’Assemblée nationale. Ils se disputent dans des clubs et prennent les armes.

Pierre Schoeller, qui travaille à l’état-major parlementaire, précipite à la tribune des personnalités oubliées, ce qui veut dire qu’on entendra plus parler de Barnave que de Danton. Le réalisateur, qui était également scénariste, sélectionnait ses intervenants en lisant leurs discours précédents, qui étaient conservés dans les archives de la bibliothèque parlementaire. La précision des mots correspond à celle de la mise en scène, tant des costumes que des décors. Ce n’est pas un question de recréer l’époque à l’identique pour le plaisir du voyage dans le temps ; l’accent devrait plutôt être mis sur la stimulation de la réflexion en supprimant les obstacles qui constitueraient des approximations ou des erreurs.

L’observateur ne doit pas non plus être trompé par le fourmillement de personnalités étonnantes qui ont émergé dans les assemblées successives et dans les clubs. Ceux-ci ne doivent pas distraire l’observateur. Robespierre est positionné pour être au centre de la tempête de Schoeller. Nous avons été interloqués lorsque nous avons vu Louis Garrel, dont la réputation est bâtie sur sa charmante personnalité, se draper dans l’impassibilité glaciale de l’incorruptible. Il le fait avec juste ce qu’il faut d’inquiétude, contrairement à la représentation de Denis Lavant de Marat, qui ne semble jamais douter de ce qu’il dit ou fait dans le rôle.

L’idée de la lumière fait place, au cours de cette marche forcée vers la république, à l’idée de l’imprévisibilité des sens. Basile (Gaspard Ulliel), un vagabond hors-la-loi qui a rejoint le groupe dans le faubourg, est assourdi par un coup de feu lors de la prise des Tuileries. L’oncle est frappé de cécité. Lors de la prise des Tuileries.

Un Peuple Et Son Roi Avis
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Il faudrait plus de cinq sens pour avoir une image complète de ce qui se passe, y compris l’aspiration à la liberté et à l’autonomie, l’inévitabilité de la violence et la possibilité imminente de la disparition du souverain. En arrivant place de la Concorde par ce matin d’hiver, vous faites le bilan de ce que vous venez d’assister et vous comprenez le sens du titre « Un peuple et son roi ». Ce n’est que le premier chapitre du processus de familiarisation avec le concept de république et de maturation à partir du stade de l’enfance d’une nation. Le deuxième chapitre, qui, nous l’espérons, sera celui des premiers pas de ce nouveau régime, sera rempli de violence, de tragédie et d’issues fructueuses.